Microbiote intestinal et santé animale : ce qu’il faut retenir de la rencontre 2025
Le microbiote intestinal est l’interface entre l’animal et son milieu. Il participe à l’immunité, à la digestion
et à la protection contre les pathogènes. En 2025, chercheurs, entreprises et acteurs agricoles ont croisé leurs
regards sur une question : comment agir sur cet écosystème pour protéger la santé des animaux, et au-delà ?
À retenir
- Le microbiote n’est pas seulement un indicateur : c’est un levier de santé et de performance des animaux.
- Des bactéries issues d’animaux sains peuvent devenir des probiotiques de nouvelle génération.
- Identifier rapidement une bactérie résistante permet de mieux cibler la prescription d’antibiotiques.
- Une solution prometteuse en laboratoire doit ensuite faire ses preuves en conditions réelles d’élevage.
Trois notions pour s’y retrouver
Probiotique
Micro-organismes vivants qui, administrés en quantité suffisante, apportent un bénéfice pour la santé de l’hôte.
Prébiotique
Substrat utilisé de façon sélective par les micro-organismes de l’hôte, au bénéfice de sa santé.
Postbiotique
Préparation de micro-organismes inactivés ou de leurs composants, qui apporte un bénéfice pour la santé de l’hôte.
Pourquoi surveiller le microbiote des animaux d’élevage ?
Le microbiote digestif est un écosystème microscopique complexe, où les micro-organismes coopèrent ou s’opposent.
Ces interactions modulent sa composition et influencent, in fine, la santé et les performances des animaux.
Le suivre dans le tube digestif, c’est comprendre ce qui fait basculer un équilibre. Les travaux de recherche
présentés portaient sur le porc et la volaille.
Nicolas Eterradossi et Murielle Guyard | Anses Ploufragan-Plouzané-Niort
Probiotiques de nouvelle génération : chercher dans le microbiote d’animaux sains
Les probiotiques classiques reposent sur un nombre limité d’espèces. Les probiotiques de nouvelle génération
explorent d’autres bactéries naturellement présentes dans l’intestin. Le projet Newprob’S, dont INNOZH est
partenaire, étudie ainsi Bacteroides fragilis, isolé du microbiote d’animaux sains, pour lutter
contre les salmonelles.
Latifa Boursaghin | NUMECAN
Diagnostiquer vite la résistance pour mieux prescrire
Certaines bactéries produisent des enzymes qui neutralisent les antibiotiques. Des tests de diagnostic rapide
permettent de détecter ces enzymes et d’identifier les bactéries résistantes en élevage. Le vétérinaire peut
alors cibler sa prescription : un usage raisonné qui limite l’émergence de nouvelles résistances, au bénéfice
de la santé animale, humaine et environnementale.
Arnaud Chalin | NG Biotech
Mesurer la santé d’un territoire : les « scores One Health »
Comment traduire One Health en indicateurs concrets ? Les scores One Health visent à évaluer, à l’échelle d’un
territoire, l’équilibre entre la santé des êtres vivants, celle des écosystèmes et la santé économique. Conçus
avec les acteurs locaux, ils sont envisagés comme des outils de prévention et de valorisation des pratiques
agricoles durables.
Marie-Cécile Damave | Agridées
De l’idée à la preuve : évaluer en conditions réelles
Un additif ou un probiotique prometteur en laboratoire doit ensuite démontrer son efficacité sur le terrain.
C’est le rôle des essais conduits par INNOZH en élevages commerciaux partenaires, sur animaux de rente comme
de compagnie. Pour les professionnels, deux formations ont rejoint le catalogue en 2026 : additifs et bénéfices
sur la santé intestinale, et immunité des animaux d’élevage.
Aurélie Derunes | INNOZH, Santé & Productions animales