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R&D Santé & Bien-être animal

Projet européen OMELETTE – Au cœur de l’innovation pour des œufs plus durables et des poules en meilleure santé

07/04/2026

En Bretagne, terre d’élevage et d’innovation, le projet européen OMELETTE a réuni ses partenaires pour un bilan de mi-parcours.

Objectif : prolonger la durée de ponte des poules, réduire l’impact environnemental de la filière, et améliorer le bien-être animal.

Entre technologies de pointe, retours d’expérience des opérateurs bretons, et alternatives au sexage in ovo, découvrez comment la filière avicole se réinvente pour répondre aux enjeux de demain, avec une approche systémique et collaborative.

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Le projet européen OMELETTE rassemble 11 partenaires et 42 organisations associées dans l’objectif de prolonger la durée de ponte des poules, réduire l’impact environnemental et améliorer le bien-être animal.

La réunion de mi-parcours, organisée en Bretagne par INNOZH, ANSES et la Chambre Régionale d’Agriculture de Bretagne et suivie par 48 participants, a permis de faire un bilan des avancées technologiques et des défis restants.

  1. La qualité de l’élevage des poulettes est la clé de voûte de la longévité, avec des indicateurs critiques comme l’uniformité du lot et le développement squelettique.
  2. Innovations technologiques : Sexage in ovo par IRM, éclairage dynamique (3500 K à 5500 K), et outils de Precision Livestock Farming (PLF) pour un suivi en temps réel du bien-être.
  3. Retours terrain en Bretagne : Les opérateurs de la filière soulignent l’importance de l’adaptation des pratiques et de la formation pour réussir la transition vers des cycles de ponte prolongés.
  4. Alternatives au sexage in ovo : L’élevage des « frères de pondeuses » et les souches à double fin (œufs et viande) sont explorés, mais se heurtent à des défis économiques et environnementaux majeurs.
  5. Enjeux éthiques et réglementaires : L’interdiction du broyage des poussins mâles en France depuis 2023 pousse la filière à innover, avec un surcoût estimé entre 45 et 50 millions d’euros.
  6. Bien-être animal : Enrichissements intelligents et caméras PTZ permettent de détecter le picage ou les œufs au sol, améliorant la qualité de vie des poules.
  7. Longevity Action Plan (LAP) : Testé dans 9 fermes pilotes, dont 2 en Bretagne, ce plan vise à transformer les données de terrain en actions correctives immédiates.

Prochaine étape : Généraliser les solutions pour 10 % des acteurs d’ici 2027, avec un objectif de prolonger la durée de ponte des poules.

 

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Les débats ont confirmé que la longévité des poules dépend de manière déterminante de la qualité de leur élevage en phase de poulette. Les partenaires français (INNOZH, ANSES, Chambre d’Agriculture de Bretagne) ont insisté sur :

  • L’uniformité des lots : Un poids corporel cible (200-300 g au-dessus du standard) et une courbe de croissance maîtrisée évitent les risques métaboliques futurs.
  • Le développement squelettique : Une supplémentation précoce en calcium et des ajustements nutritionnels réduisent les fragilités osseuses en fin de ponte.
  • Les disparités régionales : En France, les souches brunes sont réformées à 78 semaines (contre 86 en Belgique), un écart expliqué par des critères de rentabilité encore dominants.

« La qualité de la poulette, c’est la clé de voûte de la longévité. Sans elle, même les meilleures technologies ne suffiront pas. » — Retour d’expérience partagé lors de la réunion de mi-parcours.

 

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    • Sexage in ovo : La méthode IRM couplée à l’IA (ORBEM) permet un sexage sans contact dès le 11ème jour d’incubation, avec un taux d’erreur inférieur à 2 %. Une avancée majeure pour éliminer le broyage des poussins mâles, interdit en France depuis 2023.
    • Éclairage dynamique : Le partenaire HATO a présenté une « recette lumineuse » (transition entre 3500 K et 5500 K) pour réguler le comportement et stimuler la ponte. Attention : Des ajustements mal maîtrisés peuvent réduire la production.
    • Precision Livestock Farming (PLF) : Des caméras PTZ et des plateformes comme Meggsius Connect automatisent le suivi du plumage, des œufs au sol, ou des risques de picage. Exemple : Une activité accrue sur les blocs de picage en fin d’après-midi est corrélée à la formation de la coquille.
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  • Enrichissements intelligents : Blocs de picage, bacs à sable, ou ballots de luzerne sont testés pour réduire le stress. Résultat : Une rotation tous les 3-4 jours évite l’habituation.
  • Longevity Action Plan (LAP) : Déployé dans 9 fermes pilotes (dont 2 en Bretagne), ce plan lie performance, santé (autopsies ciblées) et bien-être animal. Objectif : Prolonger la viabilité des lots grâce à des actions correctives immédiates (ex : support hépatique en cas de crêtes pâles).
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Zoom 1 : Retours terrain des opérateurs bretons

Les opérateurs bretons, impliqués dans les enquêtes du projet OMELETTE, ont partagé leurs retours d’expérience lors de la réunion. Plusieurs points clés ont émergé :

  • Adaptation des pratiques : Les opérateurs soulignent la nécessité d’une formation renforcée pour maîtriser les nouveaux outils (PLF, éclairage dynamique) et interpréter les données de suivi en temps réel.
  • Résilience des lots : Les fermes pilotes bretonnes observent une meilleure uniformité des lots grâce à un suivi plus rigoureux de la courbe de croissance et à l’utilisation d’enrichissements adaptés.
  • Défis économiques : Le surcoût lié à l’adoption des nouvelles technologies (sexage in ovo, PLF) reste un frein pour les petites structures, malgré les aides publiques. Les opérateurs appellent à une harmonisation des soutiens financiers pour éviter les distorsions de concurrence.
  • Collaboration renforcée : La réunion a mis en lumière l’importance des échanges entre éleveurs, chercheurs et industriels pour co-construire des solutions adaptées au terrain.
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Zoom 2 : Alternatives au sexage in ovo – L’élevage des "frères de pondeuses" et les souches à double fin

Le sexage in ovo n’est pas la seule piste explorée pour éviter l’élimination des poussins mâles. Deux alternatives sont à l’étude, mais se heurtent à des défis majeurs :

  1. L’élevage des « frères de pondeuses »
  • Principe : Élever les mâles issus de souches pondeuses et trouver des débouchés commerciaux (viande, saucisses, marchés export).
  • Avantages :
    • Solution éthique, évitant l’élimination des poussins.
    • Lot plus homogène en poids corporel.
  • Limites :
    • Rendement médiocre : La période d’engraissement est deux fois plus longue que pour les souches « chair », avec un taux de conversion alimentaire moins bon.
    • Coût élevé : Jusqu’à 1,7 fois plus cher qu’un poulet standard, avec un impact environnemental accru (émissions de CO₂, occupation des terres).
    • Problèmes comportementaux : Agressivité accrue et risques de cannibalisme après 60 jours.
    • Acceptabilité consommateur : La qualité de la viande (texture, goût) et le surcoût restent des freins majeurs.
  1. Les souches à double fin (ou « duales »)
  • Principe : Développer des croisements génétiques où les femelles sont axées pour la production des œufs et les mâles de la viande.
  • Avantages :
    • Meilleure valorisation des mâles que l’élevage des « frères ».
    • Réduction des déchets et amélioration de la durabilité.
  • Limites :
    • Rendements inférieurs : Les mâles produisent moins de viande que les souches « chair », et les femelles pondent 20 % d’œufs en moins.
    • Qualité variable : La viande et les œufs peuvent ne pas répondre aux standards du marché.
    • Coût et complexité : Nécessite une réorganisation complète des filières et des investissements lourds.
  1. Le choix de l’ovosexage : pourquoi cette solution s’impose ?

Malgré les limites des alternatives, l’ovosexage reste la solution privilégiée par la filière, car :

  • Applicable immédiatement : Déjà déployé dans les couvoirs, avec des technologies matures (IRM, spectroscopie).
  • Moins disruptif : Ne nécessite pas de réorganiser les filières viande ou œufs.
  • Acceptabilité sociétale : Plus de 50 % des consommateurs allemands et français y sont favorables, selon les enquêtes.

Coût estimé : Entre 45 et 50 millions d’euros pour la filière française, financé en partie par une cotisation sur les œufs de consommation (0,59 €/100 œufs).

 

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Conclusion : Vers une filière avicole plus durable

La réunion de mi-parcours d’OMELETTE en Bretagne a confirmé que la transition vers une ponte prolongée et un élevage plus durable est en marche, mais qu’elle nécessite :

  • Une approche systémique : Intégrant qualité des poulettes, innovations technologiques, et formation des opérateurs de la filière, notamment des éleveurs.
  • Un équilibre économique : Pour que les solutions soient accessibles à tous les acteurs, y compris les petits élevages.
  • Une collaboration renforcée : Entre chercheurs, industriels, et éleveurs, comme le montrent les retours terrain bretons.

Prochaine étape : Généraliser les solutions testées dans les fermes pilotes à 10 % des acteurs européens d’ici 2027, avec un objectif clair : réduire significativement l’empreinte carbone de la filière œufs.

Comment prolonger la durée de vie des poules pondeuses tout en garantissant leur bien-être et la qualité des œufs ? Le projet européen OMELETTE, porté par un consortium de 11 partenaires dont INNOZH, explore des solutions innovantes pour une filière avicole plus résiliente et durable.  

En savoir plus : https://omelette.nweurope.eu/ 

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